Restons groupés

Restons groupés

Dimanche 5 mai 2002. Jacques Chirac vient d’être réélu Président de la République.

L’entre-deux-tours fut une période compliquée. Des milliers de personnes dans la rue pour protester contre la présence de Le Pen au second tour.

Des manifestations se déroulent dans la nuit du 21 au 22 avril 2002, puis les 22 et 23 avril, dans les grandes villes françaises, pour protester contre la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour. Ces manifestations se sont poursuivies durant tout l'entre-deux-tours atteignant leur apogée pour le 1er mai.

  • Mercredi 24 avril : 60 000 personnes dans les rues des grandes villes.
  • Jeudi 25 avril : 250 000 personnes dans les rues des grandes villes.
  • Samedi 27 avril : 200 000 personnes dans les rues des grandes villes, dont 45 000 à Paris.
  • Mercredi 1er mai : de 1 300 000 (chiffres du ministère de l'Intérieur) à 2 000 000 (selon les organisateurs) manifestants dans une centaine de villes (dont 400 000 à Paris, toujours selon le ministère de l'Intérieur).

Source wikipedia

Mardi 7 mai 2002, Noir Désir joue à Nancy. Ce concert est retransmis en direct sur France Inter. L’un des tous premiers concerts que j’écoute en direct à la radio. L’un des tous premiers bootlegs que je récupèrerais quelques semaines plus tard.

Restons groupés, les frangines, les frangins. Restons groupés.
C’est pas parce que le 5 mai, nous avons élu Chirac, qu’il faut s’arrêter là, parce que ça va pas suffire hein, pour faire un gros sursaut : élire Chirac ce n’est encore pas un sursaut !
Restez mobilisés, bande de jeunes … et de moins jeunes !

Extrait disponible ici : https://youtu.be/RdGF6kXLdD0?t=1h1m14s

Quinze ans après, rebelote. Enfin presque.
Parce qu’aujourd’hui, ça nous parait normal.
Parce qu’aujourd’hui, aucune contestation.
Parce qu’aujourd’hui, on trouve logique qu’un dirigeant politique « de gauche » n’appelle pas à voter contre le FN.

On va peut-être élire Macron, et il n’y aura toujours aucun sursaut. Plus personne ne s’inquiète.

Alors qu’il le faut.

Le Front National n’a pas changé. C’est toujours un parti raciste, xénophobe, homophobe et anti-culturel (la liste n’est malheureusement pas exhaustive). Non, il n’a pas changé : c’est nous qui avons changé. Nous trouvons tout ça normal.

Macron, c’est clairement pas ma tasse de thé. Mais aujourd’hui, il faut voter pour le moins pire. Comme en 2002. Bougeons-nous. Restons mobilisés.